air vigilance
Nos élus face à la question de la gestion des déchets ménagers
L’association messine Air Vigilance (http://www.airvigilance57.com/) basée à ST Julien a présenté hier soir une conférence sur le thème de la gestion des déchets ménagers en présence de Mme Couraud , directrice du CNIID (Centre national d’Information Indépendante sur les Déchets).
Chaque candidat aux élections municipales 2008 avait reçu préalablement une invitation par courrier et un questionnaire lui demandant de s’engager sur une vingtaine de résolutions (consultable sur leur site).
Premier constat, aucun maire sortant n’était présent, ni même représenté, visiblement le sujet des déchets ménagers ne les intéresse guère car une trentaine d’entre eux, membres de la CA2M, se sont contentés d’une réponse type sous forme de copié collé strictement identique montrant leur absence de volonté sur ce sujet sensible, il y a un fort lobby des industriels de l’incinération en ombre chinoise derrière…
Notre maire, M. Chapelain s’est particulièrement distingué, il n’a pas répondu, renvoyant dans les cordes le président de cette association, les documents étaient consultables, nous y avons eu accès.
Comment de simples citoyens oseraient-ils demander des comptes à leurs élus sur la prise en compte des risques sanitaires liés à l’incinération d’environ 100 000 tonnes de déchets ménagers par an à METZ CHAMBIERE dont la limite est pourtant fixée à moins de 90 000 tonnes par an comme le stipulait l’arrêté préfectoral d’exploitation signé le 20 avril 2000…
Comment oseraient-ils demander de payer au plus juste le coût de traitement des déchets, de financer un programme de surveillance de la santé des riverains de l’incinérateur défini par la DDASS et la CLIS (Commission Locale d’Information et de Surveillance) ou encore à demander la réouverture d’un Registre des Cancers en Moselle et en Lorraine, comme cela est déjà réalisé dans d’autres régions, ce ne sont que quelques exemples des 20 points que comportait le questionnaire adressé aux futurs élus.
Pourquoi tant d’inquiétudes face à l’incinération que nos élus osent présenter comme UVE : Unité de Valorisation Energétique alors qu’au niveau de la législation européenne, un incinérateur est un système d’élimination, rien d’autre donc il est parfaitement illégal de le présenter vertueusement mais pour combien de temps encore, soulignait Mme Couraud.
Environ 100 000 tonnes incinérées chaque année, 25 000 tonnes de mâchefer (résidus de combustion) produites et donc 75 000 tonnes de composés volatiles envoyés dans l’atmosphère messine car selon le principe de Lavoisier, rien ne se perd, tout se transforme…
Des taux de dioxines et de furannes préoccupants découverts dans les œufs de poules sur la zone de retombée de l’incinérateur (la Maxe et alentours) avec interdiction de commercialisation pour les producteurs et trois cents personnes vivent quotidiennement dans un rayon de 150m autour de cette « UVE » alors qu’il faudrait les reloger urgemment ailleurs.
Une méthode de plus contestable d’un point de vue économique puisque le rendement d’un incinérateur n’est que de 30% par rapport à sa consommation réelle en énergie.
De plus, il fonctionne au fioul dont le cours est indexé sur le prix du baril de pétrole qui ne cesse d’augmenter, et nos élus osent l’appeler « UVE » !
Enfin, la durée de vie maximale d’un incinérateur est de 20 ans, alors quel horizon pour 2020 ?
Quelles solutions alternatives ?
1) An niveau intercommunal
La méthanisation remplace avantageusement l’incinération en suivant l’exemple de Lille.
C’est une digestion anaérobie, ou fermentation méthanique, qui transforme la matière organique en compost, méthane et gaz carbonique par un écosystème microbien complexe fonctionnant en absence d'oxygène. La méthanisation permet d'éliminer la pollution organique tout en consommant peu d'énergie, en produisant peu de boues et en générant une énergie renouvelable : le biogaz.
Avantage : le méthane, représentant 55 à 85 % du volume de biogaz produit, est utilisable comme source d'énergie, ainsi 1m3 de méthane (soit 8 570 kcal) est l'équivalent d'un litre de mazout.
2) au niveau citoyen
La redevance incitative pour diminuer le volume des déchets incinérés
L’adoption d’un mode de facturation du coût de traitement des déchets plus juste grâce à un système de redevance au service rendu : une part fixe pour compenser les frais généraux liés à la collecte (tri sélectif, déchetteries, transports, frais administratifs) comparable à un abonnement et une part variable dite incitative basée sur le poids des ordures ménagères résiduelles (poubelle grise), la consommation réelle.
Chacun aura directement intérêt à peser le moins possible sur la collectivité en réduisant sa production de déchets par le compostage, le tri sélectif et en consommant des produits moins emballés donc logiquement moins chers pour diminuer sa redevance.
Bonne nouvelle, la redevance incitative fait partie du projet de Loi de Finances 2009 mais elle pourrait être adoptée dès 2008 si la CA2M voulait anticiper les débats mais cette solution semble compromise devant la réaction de nos élus face au questionnement d’Air Vigilance…
Pour conclure je dirai simplement que le service de la collecte des déchets est le dernier à ne pas être facturé au service rendu avec son système forfaitaire opaque (majoritairement Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères basée sur la valeur locative du bâti au niveau national).
Qui accepterait de nos jours de payer sa facture d’électricité, de gaz ou d’eau de façon forfaitaire sans tenir compte de sa consommation réelle ?
La balle est dans le camp des futurs élus.
Fabrice Perrot/ Eric Hoffmann / Fathia Caïd
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